Un projet de recherche international, regroupant 20 équipes de 11 pays différents, parmi lesquelles une équipe de l'Université de Bonn, va tenter de donner un avenir à la production de lubrifiants pour moteurs en utilisant des plantes. Le projet est en partie financé par l'Union européenne, mais implique également des partenaires des Etats-Unis, du Canada, de Chine et d'Australie.
Aujourd'hui, de nombreuses plantes produisent déjà des substances proches du blanc de baleine, des cérides. Ceux-ci recouvrent, par exemple, la surface des feuilles et y empêchent ainsi une trop forte évaporation. Toutefois, cette production est bien trop infime pour permettre l'emploi comme lubrifiant de moteur. "Nous voudrions amener les plantes à produire de grandes quantités de cérides dans leurs graines", indique le coordinateur du projet, le professeur Stymne de l'Université de sciences agricoles de Suède. Il suffirait ensuite de presser ces graines pour en récupérer le contenu et le purifier.
Les scientifiques veulent concrétiser ce souhait à l'aide de deux variétés de plantes proches du colza. Les graines de "Crambe abyssinica" et de "Brassica carinata" sont, comme celles du colza, riches en huile. Toutefois, cette huile se décompose si elle est exposée à de fortes températures et pressions. Son emploi dans un moteur est donc exclu. D'autres plantes oléagineuses ont aussi cet inconvénient. Une modification génétique pourrait corriger cela, selon Stymne: "Nous leur introduisons à cette fin des éléments du génome de l'arabette des dames, une autre plante qui produit des cérides à la surface de ses feuilles pour les protéger du dessèchement."


Lire la suite sur les bulletins électroniques